Archives mensuelles : novembre 2007

Le principe de folksonomy: intelligence collective ?

Nous définirons Folksonomy comme suit: contraction de « folk » et de « taxonomy ». C’est un classement réalisé par les internautes du monde entier lorsqu’ils « taguent »[1] des pages et sites web sur des sites de référence. C’est un système de référencement alternatif à Google notamment, lequel est constitué manuellement par et pour les internautes.

En premier lieu, la mise en place de services permettant la mise en commun des tags a considérablement participé aux changements que l’on attribu communément au web 2.0. En effet, si dans un premier temps les internautes pouvaient encoder leurs recherches, sites préférés ou autres à l’aide de marques-pages ou favoris dans l’interface privé de leur ordinateur, l’introduction de services de gestion communautaire des marque-pages par tags, avec des sites emblematiques tels del.icio.us ou blogmarks.net, a révolutionné l’utilité et les

avantages liés à l’idée de garder l’information. L’utilisation des « tags » a été à la source de bouleversements rapides dans les habitudes des utilisateurs avancés.

 

Sur le site Del.icio.us l’internaute propose ses tags renvoyant à des sites web et/ou des articles.

 

© http://del.icio.us/

 

Ce type de site permet à ses utilisateurs de définir l’organisation et l’architecture de leurs liens favoris. Par ailleurs ces sites laissent aux contributeurs une liberté sémantique de taille. Ce faisant, chaque participant peut partager ses favoris avec l’ensemble des internautes, en décrivant les liens qu’il répertorie. Ainsi le cumul des actions constitue un répertoire de liens intelligents. Ce système de classement par mots-clés permet de retrouver une information connexe grâce à la multiplication des tags par les différents contributeurs. Plus l’annuaire collectifs a de membres plus l’outil sera puissants.

Ce mode de classification, s’il pose un problème de lisibilité dans un premier temps, s’enrichit en se densifiant et de même en se complexifiant. En effet, tous les individus ne vont pas classer les liens ou articles sous le même tag, car les significations sont différentes selon le contexte et le sens que chaque individu place derrière un simple mot ou expression. Par ailleurs, plus les différences de sens apparaissent, plus les internautes sont contraints de complexifier, préciser leur classement. En d’autres termes ce mode de classement incite progressivement les utilisateurs à produire des marquages et à qualifier les contenus, plus la toile devient dense, plus les qualifications deviennent complexes.

 

Ce qui est intéressant dans ce principe, c’est que le mode participatif sur lequel est construit ce modèle, n’impose aucunement à ses utilisateurs un sens à un mot, mais bien une polysémie aussi large qu’il y a de participants. Ainsi, au-delà des définitions classiques viennent s’ajouter les représentations communes et/ou personnelles des individus ainsi que les différentes cultures, lesquels ont la possibilité de retrouver dans ces annuaires collectifs mondiaux. Cependant, cette diversité n’est pas uniquement source d’enrichissement, d’un point de vue sémantique la synonymie et l’homographie restent des obstacles à la lisibilité de ce mode de classement. Il semble évident que certains tags, parce que trop larges, ne peuvent exprimer la complexité de toutes pensées ou réflexions. Si le « multi-taggage » est une des solutions, il devient de même difficile  de naviguer par ce mode de fonctionnement.

 

Le fait que les internautes participent à ces annuaires rentrent définitivement dans une approche 2.0 du web, car, l’individu est ici acteur du media, co-createur et par conséquent actif. Le principe de folksonomy  est essentiellement social, dans la mesure où toute ressource taguée est visible aux autres utilisateurs effectuant une recherche sur ce tag. Et au delà de la simple consultation, ce sont tous les acteurs d’une plateforme sociale qui sont acteurs du marquage des données : si le créateur d’une ressource peut décider de la taguer, ses lecteurs peuvent faire de même.

 

L’aspect collaboratif et social que revêt ce mode fonctionnement place l’individu au centre, car c’est bien les usages qu’en font les internautes qui en déterminent la pertinence. Et ces pratiques sont collectives mais sont en définitive à destination de chacun: « Qualifier ensemble pour choisir seul ». Ici, la communication par les pratiques qui y sont associées sont horizontales et non verticales.

 



[1] Un tag est un mot-clé que l’on peut associer à une ressource disponible en ligne en vue de la décrire. On peut, à loisir, associer un ou plusieurs tags à une même ressource.

 

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